dimanche 27 mai 2007
"À en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l'augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner à chaque homme "la garantie à chaque homme qu'en toute circonstance il pourra assurer sa subsistance et celles de personnes à sa charge ", serait condamner à se "réformer" sans cesse : déremboursements, réductions des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation.Charcheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème : il n'y a pas de déficit de la Sécu, mais un besoin de financement que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales.
En effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques, mais d'un choix politique : le transfert généralisé des risques du capital vers le travail."
4ème de couverture, et un petit extrait de la préface, pour se mettre en bouche :
"La Sécurité sociale n'est pas une entreprise capitaliste orientée vers la réalisation de profits. On ne devrait pas décider de son avenir sur la base de ses seuls besoins de financement. De plus, il est discutable d'imputer son déficit, comme on le fait souvent à des dépenses excessives : le "trou" résulte plutôt d'une insuffisance de ressources, ou d'un phénomène de sous-financement. En outre, il est réducteur de ne voir dans les dépenses sociales qu'un facteur de "déficit" : c'est dans les pays où les dépenses sociales sont les plus élevées que la proportion de la population confrontée à la grande pauvreté est la moins importante. En considérant le niveau des dépenses sociales en France comme une cause du "trou de la Sécu", on oublie qu'elles contribuent à réduire les situations de pauvreté et à rendre la répartition du revenu un peu moins inégalitaire".
En effet, l'affaiblissement de la protection sociale découle non pas d'arbitrages techniques, mais d'un choix politique : le transfert généralisé des risques du capital vers le travail."
4ème de couverture, et un petit extrait de la préface, pour se mettre en bouche :
"La Sécurité sociale n'est pas une entreprise capitaliste orientée vers la réalisation de profits. On ne devrait pas décider de son avenir sur la base de ses seuls besoins de financement. De plus, il est discutable d'imputer son déficit, comme on le fait souvent à des dépenses excessives : le "trou" résulte plutôt d'une insuffisance de ressources, ou d'un phénomène de sous-financement. En outre, il est réducteur de ne voir dans les dépenses sociales qu'un facteur de "déficit" : c'est dans les pays où les dépenses sociales sont les plus élevées que la proportion de la population confrontée à la grande pauvreté est la moins importante. En considérant le niveau des dépenses sociales en France comme une cause du "trou de la Sécu", on oublie qu'elles contribuent à réduire les situations de pauvreté et à rendre la répartition du revenu un peu moins inégalitaire".
Libellés : DUVAL Julien, Sécurité sociale
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