dimanche 9 septembre 2007

De notre servitude involontaire


Que faire pour enrayer l’involution mortifère qui détruit matériellement et spirituellement notre planète et qui, telle une immense marée noire dont la montée implacable rend dérisoires les dispositifs visant à l’endiguer, vient submerger de sa boue gluante les choses et les âmes ? Que faire pour enrayer un mécanisme qui ne laisse d’autre alternative aux peuples de la Terre que s?enrichir au détriment des autres ou crever de misère ? Que faire pour en finir avec la domination de ces puissants pleins de morgue et d’arrogance ?
À cette question obsédante, nous ne pouvons plus donner de réponse toute faite. Nous n’acceptons pas que le sens de la vie humaine se résume à l’hédonisme narcissique et sans âme du monde que nous font les multinationales, mais nous ne savons plus très bien ce qu’il faut changer des outres ou du vin qu’elles contiennent. La question que je veux aborder est justement celle de savoir pourquoi le combat que nous menons contre ce système n’est pas toujours à la hauteur de notre indignation.

Extrait :

"Encore une fois, si il est vrai que nous faisons partie intégrante du monde social, non pas au sens où nous serions logés en lui comme des raisins dans un pudding mais au sens où il est incorporé en nous et devenu notre substance même, alors il faut être conséquent et admettre que changer le monde ce n'est pas seulement changer ce qui est autour de nous, mais aussi nous changer nous-mêmes.(...) On ne peut pas faire l'économie d'une réforme morale pour changer la société, parce que le changement réel doit s'opérer à la fois et indissociablement au-dehors et au-dedans ; que c'est justement aller encore dans le sens du système que de focaliser la lutte sur ses seules structures objectives, et que c'est rester prisonnier d'un économisme sommaire de croire qu'il suffit de réorganiser l'intendance pour que la conscience suive." P. 62, 63

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