jeudi 13 septembre 2007
Extrait...
"Les années avaient profondément transformé le Komintern. L'avant-garde révolutionnaire n'était plus maintenant qu'une dague empoisonnée dans les mains de Staline.
Parfois, me maudissant de ma lâcheté, à croire que je voulais encore ranimer la flamme de ma foi, je me repassais divers épisodes de ma vie militante. A dix-huit ans, j'avais eu l'impression d'être un géant ; à vingt et un, c'était encore plus simple : il suffisait de lancer des grenades à la gueule de la contre-révolution ; à vingt-deux, j'avais fait le tour du monde au service du Komintern - maigre, affamé, féroce - et j'en étais fier ; à vingt-neuf, les polices d'une demi-douzaine de pays européens me recherchaient en tant que principal agitateur des Fronts de mer du Komintern. A trente et un, j'oeuvrais à transformer les prisons hitlériennes en écoles du prolétariat internationaliste. Et maintenant, à trente-trois ans, je me posais cette question : "Tout cela n'a-t-il jamais été que mensonge, imposture, et utopie sanglante ?"
Aucun homme ne peut se débarrasser de son passé."
"Les années avaient profondément transformé le Komintern. L'avant-garde révolutionnaire n'était plus maintenant qu'une dague empoisonnée dans les mains de Staline.
Parfois, me maudissant de ma lâcheté, à croire que je voulais encore ranimer la flamme de ma foi, je me repassais divers épisodes de ma vie militante. A dix-huit ans, j'avais eu l'impression d'être un géant ; à vingt et un, c'était encore plus simple : il suffisait de lancer des grenades à la gueule de la contre-révolution ; à vingt-deux, j'avais fait le tour du monde au service du Komintern - maigre, affamé, féroce - et j'en étais fier ; à vingt-neuf, les polices d'une demi-douzaine de pays européens me recherchaient en tant que principal agitateur des Fronts de mer du Komintern. A trente et un, j'oeuvrais à transformer les prisons hitlériennes en écoles du prolétariat internationaliste. Et maintenant, à trente-trois ans, je me posais cette question : "Tout cela n'a-t-il jamais été que mensonge, imposture, et utopie sanglante ?"
Aucun homme ne peut se débarrasser de son passé."
Libellés : communisme, IIIème internationale, nazisme, VALTIN Jan
1 Comment:
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- Unknown said...
19 janvier 2008 à 10:04La lecture de la formidable aventure du militant communiste Jan Valtin n'a de valeur réel que dans sont édition ancienne de 1941, les autres ré-éditions d'après 1945 ayant subies des coupes claires à la demande du parti communistes français afin d'être agréable à son maitre Staline. Il est donc important de se procurer la version non expurgé. Il n'existe pas beaucoup de récit plus pur dans la littérature moderne qui suscite l'admiration bien au delà des clivages politiques.
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